Sciences, normes, décision - Jérôme Goffette

Sciences, normes, décision

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Jérôme Goffette

par Emilio Thalabard - publié le , mis à jour le

Mercredi 10 juin

Jérôme Goffette, Maître de conférences en Philosophie des Sciences, HdR, université Claude Bernard Lyon 1, École Normale Supérieure de Lyon.

Médecine et anthropotechnie : humanité soignée, augmentée, modifiée ?

La médecine fonde son activité sur un impératif du soin : répondre à l’appel à l’aide d’une personne confrontée à la souffrance et à la maladie. Par ailleurs, ce qu’on appelle aujourd’hui « human enhancement » ne consiste pas à soigner ou prévenir des maladies, mais à conférer des suppléments de capacité, qu’il s’agisse d’enjoliver le corps, d’augmenter les performances physiques ou intellectuelles, ou d’améliorer l’humeur. En conséquence, après avoir discuté les arguments anglophones contre la distinction medicine/enhancement (cf. Kass L. (ed.) : Beyond Therapy , 2003 et Rothmann S. & Rothmann L. : The Pursuit of Perfection , 2003), nous avons avec d’autres (G. Hottois) proposé le concept d’« anthropotechnie », et affirmé l’utilité de la distinction médecine/anthropotechnie.

En effet, même si certaines activités se chevauchent, les problématiques sont différentes (conférer des « plus » versus remédier à des « moins ») et les légitimités sociales et politiques n’en sont pas les mêmes. Plus largement, si la médecine ne tend pas à modifier les humains, mais seulement à restaurer leur état normal, l’anthropotechnie ouvre un horizon de transformations inédites, allant des plus banales jusqu’aux plus extrêmes, avec des enjeux métaphysiques et éthiques différents. Du fait de l’essor des pratiques anthropotechniques ; la question des normes à adopter pour l’anthropotechnie hante désormais l’esprit des philosophes mais aussi des législateurs, aux Etats-Unis comme en Europe.

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