Sciences, normes, décision - Programme 2013-2014

Sciences, normes, décision

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Programme 2013-2014

par Emilio Thalabard - publié le , mis à jour le


-* Drouet, Maître de conférence en philosophie, Université Paris-Sorbonne, Laboratoire SND -* Gérard Lambert, médecin, journaliste scientifique, membre du Centre Cavaillès de l’ENS-Ulm. [| Séances |] -* Les jeudis 10 Octobre, 7 Novembre, 12 Décembre, 9 janvier, 13 février, 13 Mars, 10 Avril, 15 Mai, 12 Juin. -* De 18 heures à 20 heures. -* Salle D 116, Maison de la Recherche, 28 rue Serpente, Paris 6°, métro Odéon. [| Note d’intention |] Le médecin, dès lors qu’il est praticien, semble nécessairement amené à décider. Philosophie et sciences sociales ont depuis longtemps trouvé là un vaste champ de recherche. Car on peut s’intéresser à la décision médicale selon de multiples angles : décision médicale et formation des médecins ; décision médicale et moyens techniques, diagnostiques ou thérapeutiques ; relations de la décision médicale avec l’environnement juridique, administratif, économique ; avec les politiques de santé publique, avec les doctrines portant sur la valeur de la vie ou la dignité de la personne humaine, entre autres. Ce séminaire pourrait être une occasion de réfléchir la variété des formes de la décision dans le domaine de la santé, où les délibérations et les choix des médecins ne sont pas les seuls à intervenir. On peut ainsi penser à la santé publique, où se jouent des processus complexes entre experts, élus et opinion publique – de sorte que l’instance (ou le sujet, individuel ou collectif) de la décision n’est pas toujours clairement repérable. En somme, qui décide, en matière médicale ou sanitaire ? Mais on peut aussi, en amont de la décision, se demander qui prend part à la délibération relative au diagnostic ou aux soins, qui peut orienter ou contraindre cette délibération, et selon quelles visées. Cette interrogation peut s’étendre à divers aspects des pratiques médicales et sanitaires contemporaines. Avec le développement de l’Evidence Based Medicine (EBM), de nouvelles formes d’encadrement de l’exercice médical sont apparues, par la dissémination de « Recommandations » en direction des praticiens, dont les jugements et les actes se trouvent ainsi plus ou moins précontraints. Mais, dans la composition des dites recommandations, peuvent entrer en compte d’autres objectifs que la santé et le bien-être du patient dans sa singularité. Les recommandations ont-elles vocation à faciliter un exercice rationnel de la médecine, ou plutôt à encadrer des pratiques dispendieuses en termes de coûts de santé ? Plus fondamentalement encore, l’EBM soulève la question de savoir comment, à partir de données statistiques générales, l’on peut décider quel sera le diagnostic ou le traitement le plus approprié pour tel individu singulier. Le cas clinique comporte nécessairement une part plus ou moins grande d’incertitude, que la standardisation des procédures de diagnostic différentiel et des protocoles thérapeutiques ne peut plausiblement pas complètement réduire. Entre les recommandations issues de la recherche clinique ou épidémiologique et les contraintes économiques ou juridiques croissantes qui encadrent, voire corsètent leurs choix, il semble que médecins et soignants se pensent de moins en moins comme des sujets pleinement souverains quant à leurs décisions. Mais il faut aussi, inversement, examiner si cette relative perte de souveraineté contribue, ou non, à doter les patients et leurs « proches » (selon le terme usité, quoique vague) d’un pouvoir de décision qui, s’il n’est pas nécessairement factice, n’est pourtant pas toujours évident à assumer et exercer. [| Calendrier |] (Les séances ont lieu de 18h à 20h, à la Maison de la Recherche, salle D 116, 28 rue serpente, Paris 6°, Métro Odéon)


Jeudi 10 0ctobre : Gilles Barroux [|  « Agir ou laisser faire : quelques éléments sur l’histoire d’un dilemme médical » |]


Jeudi 7 Novembre : Steeve Demazeux [|  « Qui décide, vraiment, ce qui entre ou non dans les classifications d’usage en psychiatrie ? » |]


Jeudi 12 décembre : Anne Marie Magnier [| « Décision et temps de la décision en médecine générale » |]


Jeudi 9 janvier : Mohamed El Khébir [|  « Décider dans l’urgence, décider aux urgences » |]


Jeudi 13 Février : Dominique Bredart [| « Risque de cancer du sein, tests génétiques et choix de prévention » |]


Jeudi 13 Mars : Marta Spranzi [| « Incertitude et vision du bien dans la décision médicale » |]


Jeudi 10 avril  : Séverine Mathieu [| « Le bricolage des normes. Les décisions dans l’assistance médicale à la procréation » |]


Jeudi 15 mai : JOURNÉE D’ÉTUDE centrée sur les travaux des doctorants de SND relatifs à la santé et la médecine. .


Jeudi 12 juin : SÉANCE CONCLUSIVE, animée par les organisateurs du séminaire. Ceux-ci proposeront des éléments de synthèse relatifs à l’ensemble des séances : problèmes et questions récurrentes, difficultés conceptuelles ou points d’éthique demeurant en débat.

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